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 JUILLET 2006

SOLARNEWS SUIT LE RETOUR

DE DISCOVERY VERS L'ISS

AU JOUR LE JOUR

 

 

 

 

    

 

     

Vendredi 7 juillet 2006
Mardi soir la Navette spatiale Discovery a décollé parfaitement du Centre spatial Kennedy de la NASA à Cap Canaveral (Floride) à 20h38 heure de Paris (14h38 heure locale) et a réussi sa mise en orbite basse à 225,9 km au-dessus de la Terre à l'issue d'un vol propulsé de 8 minutes. Au décollage de Discovery, l'ISS passait au dessus de la Tasmanie. L'équipage de l'Expédition 13 l'a suivie grâce à une transmission video du centre de mission. Une vidéo pour revoir le décollage est visible sur le site de la Nasa : 

http://anon.nasa-global.edgesuite.net/anon.nasa-global/ccvideos/sts_121/ksc_070406_sts121_launch_cc.ram

 

 

Go Discovery ! (Nasa)

Une batterie d'une centaine de caméras ultra sensibles fixées au sol et sur le réservoir externe a permis de surveiller toutes les facettes de la navette pendant le décollage, ainsi que les images prises depuis les avions WB-57 en vol qui ont suivi l'ascension sans histoire de Discovery. Les 2 boosters à poudre se sont séparés 2 minutes après le décollage dans l'océan Atlantique où ils ont été récupérés par des navires pour être recyclés. Le réservoir de carburant a été éjecté 8 minutes et 40 secondes après la mise à feu, quelques instants après la coupure des moteurs ("main engine cut off"). Fossum et Wilson ont utilisé des caméras vidéos pour filmer le réservoir externe après sa séparation (la vidéo de sa combustion en rentrant dans l'atmosphère est disponible ici : http://www.nasa.gov/mission_pages/shuttle/launch/sts-121/sts121-allvideos.html).











Quelques débris de taille modeste : le « redesign » de l'ET a porté ses fruits (Nasa)

Ces images et celles des caméras fixées sur les attaches ont été étudiées attentivement par les ingénieurs de Houston. Ils ont ainsi établi que seuls 5 petits débris et une plaque de mousse se sont détachés, ne pouvant pas causer de dégât majeur à la navette. "Nous n'avons rien vu de nature à mettre en danger l'équipage ou l'orbiteur", avait dit mardi soir Wayne Hale, le directeur du programme des navettes. "Ce vol se déroule très, très bien jusqu'à présent".


Pour rejoindre l’orbite de l’ISS à 342,62 km d’altitude, Discovery a dû effectuer une course poursuite de plus de 40 heures, pendant laquelle la poussée de ses moteurs de manoeuvre lui a permis de gagner de la vitesse sur la station.


L’équipage de Discovery a bénéficié d’une période de repos de 8 heures avant de débuter mercredi leur premier jour en orbite. Ils ont été éveillés avec la musique de “Lift Every Voice and Sing” joué par la chorale de New Galveston. Pendant 6 heures 30, Lindsey, Kelly, Fossum et Nowak ont réalisé une série d’inspections des panneaux des ailes et du bouclier thermique à l’aide du laser et de la caméra fixés au bras robotique de 15 mètre du Shuttle (Orbiter Boom Sensor System). Ces contrôles n’ont révélé aussi que des chocs mineurs.


Les futurs « piétons de l’espace » Fossum et Sellers ont entrepris la préparation des combinaisons (vérification de l'étanchéité des scaphandres) pour les sorties. Les activités secondaires ont consisté à stocker des éléments à transborder rapidement dans la station sur le middeck (pont inférieur de la navette) et à photographier l’environnement spatial autour du cockpit. La bague permettant de « docker » la navette à la station a été déployée.



Jeudi matin, après un réveil au son de “Daniel," une chanson d’ Elton John dédicacée par Houston à Reiter, le véhicule orbital a entamé sa manœuvre de rendez-vous avec la Station spatiale.

 

Alors que Discovery se trouvait encore environ 200 mètres sous la Station, le commandant Steve Lindsey a d'abord accompli une manoeuvre de retournement à 360° en 9 minutes (visible sur cette video http://mfile.akamai.com/18566/wmv/etouchsyst2.download.akamai.com/18355/wm.nasa-global/sts-121/rpm_07_06_06.asx')

baptisée « back flip » depuis 2005 pour présenter son ventre à l'équipage de la station qui a pris 300 photos du revêtement de tuiles réfractaires à l'aide d'appareils photos à haute résolution (afin de détecter les protubérances entre les tuiles ou « gap fillers »). Le port de jonction de l'ISS nommé Pressurized Mating Adapter 2 situé au bout du module laboratoire Destiny, où Discovery devait s'amarrer, a été pressurisé.
 

Jeudi à 16 H 52 (heure de Paris), après une lente approche de près de 7 heures guidée par ordinateur, la navette s'est amarrée sans problème à l'ISS au dessus du Pacifique Sud  à plus de 29.000 km/heure, et l'équipage après une courte attente destinée à égaliser les niveaux de pression, a pu pénétrer dans la station à 18H30 pour saluer Vinogradov et Williams (liens videos : docking http://mfile.akamai.com/18565/wmv/etouchsyst2.download.akamai.com/18355/wm.nasa-global/sts-121/dock_07_06_06.asx') welcome abooard http://mfile.akamai.com/18566/wmv/etouchsyst2.download.akamai.com/18355/wm.nasa-global/sts-121/hatch_open_07_06_06.asx').


Ceux ci leur ont donné quelques consignes de sécurité et ont accueilli au sein de leur équipe l’européen Thomas Reiter qui a installé la garniture de siège en mousse adaptée à sa morphologie dans le vaisseau taxi Soyouz actuellement amarré à l'ISS (toujours prêt en cas d’évacuation rapide de la station). La navette restera dockée à l'ISS huit jours, le temps de permettre deux sorties dans l'espace dont nous aurons l’occasion de reparler.


Sources : Nasa.

 

 



 

 

 

 

 

 

 

par Bouton publié dans : solarnews
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Dimanche 2 juillet 2006

Ce 1er juillet 2006 la navette Discovery devait être lancée depuis le Kennedy Space Center à Cap Canaveral, mais à T-9 minutes, le directeur du lancement, Mike Leinbach, a annoncé le report. La météo orageuse en Floride a poussé la Nasa à décaler le lancement le lendemain pour éviter les risques d’éclair au dessus du site de lancement (la nouvelle tentative aura lieu dimanche 2 juillet à 21H 26).

nb / Le lancement a été ajourné une nouvelle fois 2 heures avant pour cause de risques d'orages importants. La prochaine tentative de lancement aura lieu mardi 4 juillet, le jour de la fête nationale américaine, à 14H38 (soit 20H38 heure française).La météo semble plus favorable pour mardi.

D'autre part lors d'une inspection de routine après la vidange du réservoir externe, dans la nuit de dimanche à lundi, une fissure de 12,5 cm a été découverte dans la mousse recouvrant une des attaches du réservoir externe qui maintient la ligne d'arrivée de l'oxygène liquide en place. Après maintes vérifications,la fissure a été considérée comme mineure et ne pouvant pas causer le détâchement d'un gros morceau au décollage.Le lancement est donc maintenu pour mardi/// 

La Nasa dispose d’une fenêtre de tir de 19 jours au cours du mois de juillet. STS-121 est le 18ème vol vers la station spatiale internationale et le 32ème de la navette Discovery (initialement, c’est Atlantis qui devait effectuer cette mission mais son réservoir doit lui aussi être modifié pour la mission STS-115 prévue fin Août si tout se passe bien).

L’équipage de 6 personnes comprend 5 astronautes américains : Steven Lindsey le commandant, le pilote Mark Kelly et les Spécialistes de Mission Michael Fossum, Lisa Nowak, Stephanie Wilson et Piers Sellers.

Si le commandant Steven Lindsey (3° à partir de la gauche) a 3 vols à son actif et le pilote Mark Kelly (5° à partir de la gauche)- 2 vols-sont chevronnés, STS-121 compte aussi 3 « bleus » parmi les MS dont ce sera le premier vol. Le « Mission Specialist » Piers Sellers a lui déjà l’expérience d’un vol et interviendra avec Michael Fossum lors des EVA.

Mais Discovery emporte aussi un astronaute allemand de l’ESA(European Space Agency),Thomas Reiter, qui a déjà volé à bord de la station russe MIR en 1995 et doit assumer à bord de la station une mission de 6 mois baptisée Astrolab.

Il rejoindra à bord de la station l’équipage de l’Expédition 13 (l’américain Jeffrey Williams et le russe Pavel Vinogradov) puis restera à partir de septembre en compagnie des membres de l’Expédition 14 qui doivent être acheminés en Soyouz. Il rentrera normalement en décembre 2006 avec Discovery lors du vol STS-116.

La présence de Reiter, importante pour le corps des astronautes européens qui n’ont pas eu souvent l’occasion de voler ces dernières années, marque le retour des équipages à 3 dans l’ISS depuis mai 2003.

Cette occupation normale permettra enfin de relancer les expériences scientifiques à bord de la station, Reiter étant en contact permanent pour cette tâche avec le nouveau centre de contrôle dédié à Colombus en Allemagne (le futur laboratoire spatial européen qui vient juste d’être livré à la Nasa et attend son lancement par une navette en 2007 normalement).

Le succès de la mission Astrolab est donc décisif pour relancer l’intérêt du public européen en général dans les vols habités et garantir que les frais engagés dans Colombus par les allemands en particulier trouveront un retour en terme scientifique.

Thomas Reiter (ESA)

Cette mission qui doit durer 12 jours en orbite est la deuxième du « Return To Flight ». Elle survient presque un an jour pour jour après STS-114 qui avait marqué le retour en vol des navettes après l’accident de Columbia en 2003, sans toutefois dissiper les inquiétudes sur la sécurité des vols de navette malgré les 2 milliards de dollars dépensés dans des améliorations techniques (du réservoir externe notamment).

STS-121 a été retardée plusieurs fois : elle devait avoir lieu initialement en septembre 2005 dans le calendrier de l’agence spatiale américaine. Mais l’émotion suscitée par le décrochage lors du dernier décollage de Discovery d’un gros morceau de mousse isolante (heureusement sans incidence sur l’intégrité de l’orbiteur et son retour sain et sauf) a cloué les navettes au sol et contraint les ingénieurs de la Nasa à revoir une nouvelle fois la conception du réservoir externe.

Résultat : les délais se sont allongés. D’abord annoncé pour Mars puis Mai 2006, le lancement de cette mission a finalement glissé en juillet, menaçant tout le calendrier de construction serré de l’ISS. 17 kg d'isolant ont été retirés des endroits à risque (les rampes PAL mises en accusation ont été remplacées). D’autre part des capteurs ECO situés au fond du réservoir d’oxygène ont dû être changés car ils avaient connu un dysfonctionnement lors du lancement de STS-114.

«Nous pensons avoir fortement réduit les risques depuis le précédent lancement, a assuré Wayne Hale, directeur du programme des navettes. Il y aura encore des fragments d'isolant qui se détacheront. Mais leur taille nettement plus faible rend désormais le risque acceptable.»

Le patron de la Nasa, Michael Griffin avait dit vendredi "ne pas s'attendre à voir de gros morceaux se détacher" lors du prochain décollage tout en soulignant qu'en cas d’avarie, les sept astronautes pourraient toujours trouver refuge dans l'ISS (81 jours d’autonomie d’oxygène pour un équipage d’une dizaine de personnes) où la Nasa pourrait aller les secourir avec une autre navette (Atlantis serait utilisée pour la mission de secours baptisée STS-300 qui ne pourra dans tous les cas décoller avant le 17 Août) ou des Soyouz russes (3 places maximum).

Fait exceptionnel qui montre le changement de culture interne à la Nasa : lors de la réunion qui devait donner le feu vert à Discovery, 2 chefs ingénieurs se sont opposés à un lancement en juillet, réclamant un délai de 6 mois de plus pour régler les questions de sécurité. Le patron de l’agence, Michaël Griffin, a finalement tranché pour début juillet afin de pouvoir respecter les engagements internationaux de construction de la station, qui impliquent encore une quinzaine de vols des 3 navettes (Discovery, Atlantis et Endeavour) pour achever le gigantesque mécano qu’est l’ISS d’ici 2010. Cela nécessite 2 vols fin 2006 puis un rythme de 4 par an très difficile à tenir.

C’est donc d’abord une mission pour se rassurer et rôder les nouvelles procédures de sécurité adoptées pour les vols de navette depuis le rapport officiel sur la catastrophe de Columbia (meilleure surveillance du décollage grâce à des capteurs et des dizaines de caméras embarquées sur l’orbiteur, le réservoir, les deux boosters à poudre ; inspections renforcées de Discovery amarrée en orbite avant le retour).

Mais c’est aussi une mission de ravitaillement de l’ISS grâce à l’acheminement pour la 4ème fois du module logistique Leonardo, un gros container de conception italienne placé dans la soute de la navette qui contient deux tonnes de vivres, des consommables (eau, carburant) et des fournitures diverses destinées à l’équipage de l’ISS- dont des équipements scientifiques comme un congélateur de laboratoire pour la conservation d'échantillons biologiques et un module d'étude des plantes fournis pas l'ESA.

Les 2 sorties extra-véhiculaires (EVA) programmées, d'une durée de 6 heures et demie chacune, doivent permettre aussi de réparer certains équipements de la station qui ont connu des pannes récemment. La Nasa en envisage une troisième qui nécessiterait de prolonger la mission d'un jour pour tester les procédures d’inspection et de réparation de la protection thermique.

Sources : Nasa, ESA, AP.

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Mardi 11 avril 2006
Nouveau succès de l’agence spatiale européenne (ESA) ce 11 Avril : après un périple de 55 millions de Km vers le système solaire interne, les manœuvres d’insertion en orbite de la sonde se sont parfaitement déroulées.

Ce matin, à 9h17 (heure de Paris), l'allumage du moteur principal pendant une durée de 50 minutes a permis de réduire de 29 000 à environ 25 000 km/h la vitesse relative de la sonde par rapport à Vénus, permettant ainsi sa capture par le champ de gravité de la planète.

Au cours des quatre prochaines semaines, la sonde effectuera une nouvelle série de manœuvres qui la feront passer de sa position actuelle sur une orbite fortement elliptique parcourue en 9 jours, à l'orbite opérationnelle choisie pour sa mission scientifique : une orbite polaire qu'elle décrira en 24 heures, s'éloignant au maximum à 66 000 km de Vénus.

Celle ci va pouvoir être examinée sous toutes les coutures grâce aux 7 instruments de la sonde pendant deux jours vénusiens, soit l’équivalent de 486 jours terrestres. Rappelons que Venus Express est avant tout une mission dédiée à l’analyse de la structure et de la chimie de l’atmosphère de Vénus, une atmosphère atypique dont la dynamique et l’effet de serre restent mal connus. Cependant des révélations concernant le volcanisme peut être encore à l’œuvre à la surface de Vénus demeurent possibles grâce à des mesures de gaz comme le soufre et des températures de la surface à travers les "fenêtres de visibilité" découvertes dans les bandes infrarouges.

 Source : communiqué ESA du 11 avril 2006.
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Jeudi 2 février 2006

Deuxième succès magistral de la Nasa en quelques jours : après le retour réussi de la capsule d’échantillons de la mission cométaire Stardust le 15 janvier dernier, la fusée Atlas V transportant la sonde New Horizons vers Pluton et les frontières du système solaire a décollé sans problème de la base de l’Air Force de Cap Canaveral mercredi 19 Janvier à 20 H00.

Le lancement avait été reporté à deux reprises les jours précédents pour cause de vents trop violents et d’une panne d’électricité au centre de contrôle de la sonde à Baltimore. Cette fois ci a donc été la bonne, malgré un ciel couvert qui a entraîné une suspension temporaire du compte à rebours le temps que le ciel se dégage au dessus du pas de tir. Utilisé dans sa configuration la plus puissante, le lanceur Atlas V de Lockheed Martin a démontré sa fiabilité 6 mois après le lancement de Mars Reconnaissance Orbiter. Le moteur principal alimenté au RP1 secondé par 5 boosters à poudre a procuré pendant quelques minutes la poussée initiale, puis la coiffe protégeant la sonde s’est ouverte après la traversée des couches denses de l’atmosphère et le deuxième étage cryogénique Centaure a pris le relais pour insérer la sonde en orbite de parking.

Il a été rallumé peu après afin d’accélérer 10 minutes avant le largage du 2°étage et le moteur Star48B à carburant solide du 3° étage est alors entré en action au dessus du Pacifique, pour 2 minutes seulement d'accélération sur une trajectoire d’évasion hyperbolique.

44 minutes, 53 secondes après le lancement, la séparation finale de la sonde ayant eu lieu, New Horizons était enfin sur sa route vers Jupiter ! 5 minutes plus tard le premier signal de la sonde était transmis via l’antenne de Camberra du Deep Space Network. Les contrôleurs en vol du centre APL de la Johns Hopkins University dans le Maryland ont alors pris le relais. Dans les semaines à venir, tous les systèmes critiques de la sonde feront l’objet d’un check-up et des manoeuvres pour affiner sa trajectoire auront lieu si besoin.

La vitesse communiquée à la sonde (55 000 Km/H) lui a permis de rallier la lune en 9 heures seulement, et Mars sera dépassée en 6 mois ! En février 2007, un passage rapide auprès de Jupiter (qui permettra aussi de faire des observations scientifiques et de calibrer les instruments) devrait encore l’accélérer à 75000 KM/H. La phase de croisière interplanétaire commencera alors pour 8 longues années (où la plupart des circuits seront mis en hibernation) avant le survol du couple Pluton/Charon en juillet 2015 et de quelques objets de la ceinture de Kuiper (des corps rocheux glacés très anciens situés au delà de l’orbite de Neptune) en 2017-2018.

D’après Glen Fountain, le chef de projet de New Horizons à l’APL, « c’est le début d’un long voyage excitant. Toute l’équipe a travaillé dur les 4 dernières années pour que la sonde soit prête pour le voyage vers Pluton et au delà. C’est une chance qu’on n’a qu’une fois dans sa vie, dans la tradition des missions Mariner, Pioneer, Voyager qui ont jeté un premier regard sur des confins inexplorés de notre système solaire. »

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Samedi 14 janvier 2006

A 3 jours de la première tentative de lancement de la sonde New Horizons vers Pluton, la Nasa vient d’annoncer que le contrôle des systèmes du lanceur (érigé sur l’aire de lancement 41 de la base de l’Air Force en Floride) s’était bien passé et que tout est nominal. Les tests du réservoir de carburant de la fusée Atlas V ont été renforcés depuis début janvier après que le constructeur Lockheed Martin ait annoncé avoir décelé des fissures sur un réservoir similaire. La Nasa a donc repoussé le lancement de 6 jours pour sécuriser le lanceur.

La fusée Atlas V reçoit sa coiffe contenant la sonde New Horizons qui va être fixée à son sommet dans le VAB (Nasa)

Les vérifications du 3° étage se sont terminées le 9 janvier et les dispositifs de sécurité des 5 Solid Rocket Boosters ont été armés le lendemain (c’est la configuration la plus puissante du lanceur Atlas V qui sera utilisée pour la deuxième fois- après le lancement réussi de la sonde MRO vers Mars en Août dernier- pour la Nasa). Des inspections approfondies des systèmes de la sonde ont eu lieu jusqu’au 13 janvier et la coiffe pour protéger la sonde au décollage a été scellée aujourd’hui.

Le « Rollout » de la fusée Atlas V qui sera sortie du bâtiment d’intégration (Vertical Integration Facility) est programmé lundi matin 16 janvier. L’après-midi, le réservoir de carburant RP-1 du moteur RD-180 du premier étage sera rempli, tandis que les ergols cryogéniques ne seront transférés que le matin même du lancement (oxygène liquide qui sert de comburant du moteur principal et ergols du 2° étage Centaur et du moteur STAR-48B qui donnera l’impulsion finale au 3 ° étage pour l’injecter vers le système solaire externe).

Le lancement est prévu le mardi 17 janvier ; la fenêtre de tir optimale vers Pluton (pour un voyage de 9 ans avec survol de Pluton en juillet 2015) permettant de bénéficier de l’assistance gravitationnelle de Jupiter en 2007 se referme le 27 janvier. Cela laisse donc un délai raisonnable de 10 jours pour effectuer une seconde tentative si un incident amenait à suspendre le lancement. Au delà certes il sera encore possible de lancer la sonde jusqu’au 14 février, mais avec un temps de trajet rallongé de plusieurs années.

Le seul point pouvant obscurcir ce lancement réside dans l’inquiétude de l’opinion internationale par rapport à la source d’énergie nucléaire que la sonde emporte. New Horizons ayant pour destination Pluton et la ceinture de Kuiper située aux marges du système solaire, elle ne pourra pas compter sur des panneaux solaires classiques pour alimenter ses instruments en électricité pendant ce long trajet. Près de Pluton la lumière solaire sera en effet inférieure à 1/1000ème de celle reçue sur Terre. Elle embarque donc un générateur d’électricité baptisé RTG (générateur thermoélectrique à radio-isotope) qui convertit la chaleur fournie par la désintégration radioactive d’une petite charge d’un métal confiné dans un container. New Horizons transporte 10,9 Kg de dioxyde de plutonium-238 qui a une demi-vie assez courte, de l’ordre de quelques dizaines d’années.

 

Un RTG comporte deux éléments : une source de chaleur bien isolée constituée par du dioxyde de plutonium sous forme de petites billes de céramique et un jeu de thermocouples (dispositif constitué de deux sortes de métaux conducteurs, qui sont connectés en boucle fermée) avec des jonctions en silicium/germanium qui convertissent la chaleur produite en électricité. La décroissance radioactive du plutonium réchauffe une des jonctions du thermocouple alors que l’autre est exposée au froid de l’espace. La différence de température entre les deux faces génère un courant électrique qui va alimenter les instruments de la sonde.

L’absence d’usure mécanique et la fiabilité à long terme de ce système sont adaptées aux contraintes des voyages spatiaux.

 Ce procédé que seuls les américains maîtrisent dans le domaine spatial fait peur à certaines associations écologistes qui agitent le risque d’une pollution radioactive en cas d’explosion de la fusée au lancement ou d’erreur de sa trajectoire (car la sonde doit repasser près de la Terre pour utiliser son assistance gravitationnelle comme une fronde vers Jupiter). Pourtant New Horizons n’est pas le premier vaisseau spatial à utiliser ce procédé, puisqu’ auparavant pas moins de 25 satellites ou sondes interplanétaires (dont les célèbres Voyager qui ont fait le Grand Tour des géantes gazeuses dans les années 80 ou encore Cassini actuellement en orbite autour de Saturne) ont été lancées avec des RTG sans problème majeur. 7 de ces satellites orbitent encore autour de la Terre, mais on compte quand même 2 incidents mineurs anciens.

Quand la mission Apollo 13 a été interrompue en 1970, la charge baptisée Apollo Lunar Surface Experiment Package et ses 3,8 kg de plutonium ont été perdus au retour au fond du Pacifique dans la fosse des Tonga. En 1964 un RTG du satellite Transit 5BN3 a répandu 17 000 curies de radiations en brûlant dans l’atmosphère lors d’une rentrée imprévue.

Le gouvernement américain a notifié officiellement les Nations Unies et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique du lancement prochain de New Horizons. La Nasa juge la probabilité d’un accident au décollage avec dispersion très faible : de l’ordre de 4 pour 1000. Mais la trajectoire de la fusée devant passer au dessus du Sud de l’Afrique et de l’Australie avant la satellisation, ces nations ont été averties que les EU les aideraient pour nettoyer les zones touchées en cas d’accident (ou de réentrée atmosphérique imprévue) et de dispersion du plutonium sur l’océan ou au dessus des pays concernés.

Les risques sont donc très faibles, au pire il y a un risque de contamination localisée, même si dans la haute atmosphère, une désintégration de la sonde pourrait engendrer une dissémination d’une faible quantité de particules radioactives. Il faut savoir en tout cas que la Nasa fait tester la solidité de ses RTG par le Département de l’Energie (DoE), afin qu’ils soient capables de résister au choc d’un crash. Le container du combustible est protégé par des boucliers de graphite très dur et chaque bille de plutonium est entourée d’une gangue d’iridium, un métal hautement résistant.

La peur irrationnelle du nucléaire semble cependant susciter moins de protestations chez les américains. En 1997 il y a eu 800 manifestants contre le lancement de Cassini, mais ces derniers jours ils n’étaient qu’une trentaine de militants à camper devant les portes de Cap Canaveral, ce qui ne devrait pas perturber le lancement.

Sources : site Nasa & article New Scientist du 10 janvier 2006

par Bouton publié dans : solarnews
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