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 JUILLET 2006

SOLARNEWS SUIT LE RETOUR

DE DISCOVERY VERS L'ISS

AU JOUR LE JOUR

 

 

 

 

    

 

     

Dimanche 2 juillet 2006 7 02 /07 /Juil /2006 15:56

Ce 1er juillet 2006 la navette Discovery devait être lancée depuis le Kennedy Space Center à Cap Canaveral, mais à T-9 minutes, le directeur du lancement, Mike Leinbach, a annoncé le report. La météo orageuse en Floride a poussé la Nasa à décaler le lancement le lendemain pour éviter les risques d’éclair au dessus du site de lancement (la nouvelle tentative aura lieu dimanche 2 juillet à 21H 26).

nb / Le lancement a été ajourné une nouvelle fois 2 heures avant pour cause de risques d'orages importants. La prochaine tentative de lancement aura lieu mardi 4 juillet, le jour de la fête nationale américaine, à 14H38 (soit 20H38 heure française).La météo semble plus favorable pour mardi.

D'autre part lors d'une inspection de routine après la vidange du réservoir externe, dans la nuit de dimanche à lundi, une fissure de 12,5 cm a été découverte dans la mousse recouvrant une des attaches du réservoir externe qui maintient la ligne d'arrivée de l'oxygène liquide en place. Après maintes vérifications,la fissure a été considérée comme mineure et ne pouvant pas causer le détâchement d'un gros morceau au décollage.Le lancement est donc maintenu pour mardi/// 

La Nasa dispose d’une fenêtre de tir de 19 jours au cours du mois de juillet. STS-121 est le 18ème vol vers la station spatiale internationale et le 32ème de la navette Discovery (initialement, c’est Atlantis qui devait effectuer cette mission mais son réservoir doit lui aussi être modifié pour la mission STS-115 prévue fin Août si tout se passe bien).

L’équipage de 6 personnes comprend 5 astronautes américains : Steven Lindsey le commandant, le pilote Mark Kelly et les Spécialistes de Mission Michael Fossum, Lisa Nowak, Stephanie Wilson et Piers Sellers.

Si le commandant Steven Lindsey (3° à partir de la gauche) a 3 vols à son actif et le pilote Mark Kelly (5° à partir de la gauche)- 2 vols-sont chevronnés, STS-121 compte aussi 3 « bleus » parmi les MS dont ce sera le premier vol. Le « Mission Specialist » Piers Sellers a lui déjà l’expérience d’un vol et interviendra avec Michael Fossum lors des EVA.

Mais Discovery emporte aussi un astronaute allemand de l’ESA(European Space Agency),Thomas Reiter, qui a déjà volé à bord de la station russe MIR en 1995 et doit assumer à bord de la station une mission de 6 mois baptisée Astrolab.

Il rejoindra à bord de la station l’équipage de l’Expédition 13 (l’américain Jeffrey Williams et le russe Pavel Vinogradov) puis restera à partir de septembre en compagnie des membres de l’Expédition 14 qui doivent être acheminés en Soyouz. Il rentrera normalement en décembre 2006 avec Discovery lors du vol STS-116.

La présence de Reiter, importante pour le corps des astronautes européens qui n’ont pas eu souvent l’occasion de voler ces dernières années, marque le retour des équipages à 3 dans l’ISS depuis mai 2003.

Cette occupation normale permettra enfin de relancer les expériences scientifiques à bord de la station, Reiter étant en contact permanent pour cette tâche avec le nouveau centre de contrôle dédié à Colombus en Allemagne (le futur laboratoire spatial européen qui vient juste d’être livré à la Nasa et attend son lancement par une navette en 2007 normalement).

Le succès de la mission Astrolab est donc décisif pour relancer l’intérêt du public européen en général dans les vols habités et garantir que les frais engagés dans Colombus par les allemands en particulier trouveront un retour en terme scientifique.

Thomas Reiter (ESA)

Cette mission qui doit durer 12 jours en orbite est la deuxième du « Return To Flight ». Elle survient presque un an jour pour jour après STS-114 qui avait marqué le retour en vol des navettes après l’accident de Columbia en 2003, sans toutefois dissiper les inquiétudes sur la sécurité des vols de navette malgré les 2 milliards de dollars dépensés dans des améliorations techniques (du réservoir externe notamment).

STS-121 a été retardée plusieurs fois : elle devait avoir lieu initialement en septembre 2005 dans le calendrier de l’agence spatiale américaine. Mais l’émotion suscitée par le décrochage lors du dernier décollage de Discovery d’un gros morceau de mousse isolante (heureusement sans incidence sur l’intégrité de l’orbiteur et son retour sain et sauf) a cloué les navettes au sol et contraint les ingénieurs de la Nasa à revoir une nouvelle fois la conception du réservoir externe.

Résultat : les délais se sont allongés. D’abord annoncé pour Mars puis Mai 2006, le lancement de cette mission a finalement glissé en juillet, menaçant tout le calendrier de construction serré de l’ISS. 17 kg d'isolant ont été retirés des endroits à risque (les rampes PAL mises en accusation ont été remplacées). D’autre part des capteurs ECO situés au fond du réservoir d’oxygène ont dû être changés car ils avaient connu un dysfonctionnement lors du lancement de STS-114.

«Nous pensons avoir fortement réduit les risques depuis le précédent lancement, a assuré Wayne Hale, directeur du programme des navettes. Il y aura encore des fragments d'isolant qui se détacheront. Mais leur taille nettement plus faible rend désormais le risque acceptable.»

Le patron de la Nasa, Michael Griffin avait dit vendredi "ne pas s'attendre à voir de gros morceaux se détacher" lors du prochain décollage tout en soulignant qu'en cas d’avarie, les sept astronautes pourraient toujours trouver refuge dans l'ISS (81 jours d’autonomie d’oxygène pour un équipage d’une dizaine de personnes) où la Nasa pourrait aller les secourir avec une autre navette (Atlantis serait utilisée pour la mission de secours baptisée STS-300 qui ne pourra dans tous les cas décoller avant le 17 Août) ou des Soyouz russes (3 places maximum).

Fait exceptionnel qui montre le changement de culture interne à la Nasa : lors de la réunion qui devait donner le feu vert à Discovery, 2 chefs ingénieurs se sont opposés à un lancement en juillet, réclamant un délai de 6 mois de plus pour régler les questions de sécurité. Le patron de l’agence, Michaël Griffin, a finalement tranché pour début juillet afin de pouvoir respecter les engagements internationaux de construction de la station, qui impliquent encore une quinzaine de vols des 3 navettes (Discovery, Atlantis et Endeavour) pour achever le gigantesque mécano qu’est l’ISS d’ici 2010. Cela nécessite 2 vols fin 2006 puis un rythme de 4 par an très difficile à tenir.

C’est donc d’abord une mission pour se rassurer et rôder les nouvelles procédures de sécurité adoptées pour les vols de navette depuis le rapport officiel sur la catastrophe de Columbia (meilleure surveillance du décollage grâce à des capteurs et des dizaines de caméras embarquées sur l’orbiteur, le réservoir, les deux boosters à poudre ; inspections renforcées de Discovery amarrée en orbite avant le retour).

Mais c’est aussi une mission de ravitaillement de l’ISS grâce à l’acheminement pour la 4ème fois du module logistique Leonardo, un gros container de conception italienne placé dans la soute de la navette qui contient deux tonnes de vivres, des consommables (eau, carburant) et des fournitures diverses destinées à l’équipage de l’ISS- dont des équipements scientifiques comme un congélateur de laboratoire pour la conservation d'échantillons biologiques et un module d'étude des plantes fournis pas l'ESA.

Les 2 sorties extra-véhiculaires (EVA) programmées, d'une durée de 6 heures et demie chacune, doivent permettre aussi de réparer certains équipements de la station qui ont connu des pannes récemment. La Nasa en envisage une troisième qui nécessiterait de prolonger la mission d'un jour pour tester les procédures d’inspection et de réparation de la protection thermique.

Sources : Nasa, ESA, AP.

Par Bouton - Publié dans : solarnews
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