LA NASA ENVISAGE D'EXPLORER NEPTUNE ET TRITON
La découverte du système de Saturne commence juste et déjà la NASA nous allèche avec une étude sur l'exploration de Neptune et de ses satellites pour un lancement vers 2016 et une arrivée vers ... 2035 !

Une équipe d'experts de la NASA et de Boeing Satellite Systems a planché sur l'intérêt de la chose : elle estime qu'après l'étude des géantes gazeuses les plus proches(Jupiter, Saturne) l'exploration du système solaire devrait être tournée vers les géantes plus froides (Uranus et Neptune) qui, du fait de leur distance lointaine au soleil (environ 20 UA du soleil pour Uranus et 30 UA pour Neptune), contiennent beaucoup plus de matériaux originaux de la nébuleuse protosolaire . Par exemple latmosphère de Neptune, si elle contient majoritairement de lhydrogène moléculaire (80 %) et de lHelium (19 %), possède aussi du méthane (1 %) ainsi que des traces de deutérium et déthane et des aérosols.
Neptune serait "une planète beaucoup plus brute,froide, moins influencée par les vents solaires, les collisions avec des comètes et des astéroïdes, et aurait beaucoup à nous apprendre sur le système solaire primordial" d'après le professeur Paul Steefes du Georgia Institute of Technologys School of Electrical and Computer Ingineering, membre de léquipe Neptune au titre de scientifique radio. Elle pourrait donc nous renseigner sur le processus de formation des planètes dans le système solaire primitif.

Une mission ambitieuse : 1 module principal et 5 lander !(credit Boeing Satellite Systems)
La mission embarquerait 3 sondes pour tester la composition de l'atmosphère de Neptune, son champ magnétique, sa gravité, sa composition isotopique, la dynamique des vents et la météo en général puisqu'on a observé récemment des orages à la surface de la géante bleue avec des vents pouvant aller jusquà 200 m/sec.
Elles seraient larguées dans l'atmosphère de Neptune à 3 niveaux différents : zone équatoriale, latitude moyenne et région polaire. Les ingénieurs concepteurs de la mission devront relever le challenge de la transmission des données à travers une atmosphère qui absorbe les ondes radios. L'équipe discute de la profondeur que les sondes pourraient atteindre dans l'atmosphère pour recueillir des données scientifiques valables : de 100 jusqu'à 500 ou 1000 atmosphères terriennes, ce qui représente l'équivalent d'une mission sous-marine profonde.

Cette mission à propulsion électro-nucléaire (projet Prométheus de la NASA) aurait pour but d'enquêter sur l'origine et la structure de Neptune, mais aussi sur le plus gros de ses 13 satellites, Triton (2700 Kms de diamètre), un petit monde glacé qui possède une rotation synchrone mais effectue une orbite rétrograde autour de Neptune. Les scientifiques souhaiteraient vérifier lhypothèse que Triton serait un objet formé dans la ceinture de Kuiper et capturé plus tard par la géante gazeuse.
De tels objets sont en effet une clef pour comprendre l'évolution de notre système solaire.
2 lander recueilleraient des informations sur l'atmosphère de Triton et sa géochimie (en 1989 la sonde Voyager 2 a pris des images surprenantes d'éruption et de geysers gigantesques à sa surface...).

Article du site Astrobiology Magazine ( Vision of Neptunes Triton) du 9 décembre 2004